Anecdotes culturelles

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dimanche 13 juin 2010

La politesse canadienne

Je me rends compte que je ne fais pas assez de billets (déjà, pas assez de billets tout court !) pour parler des différences culturelles entre le Canada et la France.

En matière de politesse, par exemple, je remarque certaines habitudes canadiennes qui changent complètement de mon mode de vie en France.

Ainsi, les gens ne se font pas la bise ici. La bise n'existe tout simplement pas, ou alors c'est seulement pour se donner un air d'Européen... Quand on rencontre quelqu'un pour la première fois, on lui serre la main en disant "nice to meet you". D'ailleurs, je suis surprise par la fréquence à laquelle les gens se présentent et se serrent la main ici. Même dans mon cours de danse, une fille peut me tendre la main en me disant son nom. Je constate une chose : les gens se présentent (disent leur nom) beaucoup plus spontanément qu'ils ne le font en France. En France, on peut avoir de longues et profondes conversations avec une personne sans qu'à aucun moment l'un des protagonistes ne daigne dire comment il s'appelle. Oui, en France, ça fait un peu puéril de dire "au fait, je m'appelle...", pas vrai ?

Après la première présentation, on ne va pas serrer la main de la personne tous les jours. On se contentera de saluts verbaux sans aucun type d'effusion physique. Par contre, quand on sait qu'on ne va pas revoir quelqu'un pendant longtemps, on lui fait un "hug" (quand on prend la personne dans les bras) mais il faut déjà assez bien la connaître pour ça.

Ici, le matin, lorsque l'on arrive au travail, on se dit "good morning" ou juste "morning". Le "hello" ou "hi" arrive un peu plus tard dans la journée. Il est aussi (étrangement) très courant de ne rien dire : juste se pointer, passer dans le couloir, s'asseoir à son bureau... sans ne rien dire à personne ! Oui, il y a des gens qui font ça, et cela ne choque pas trop. Pareil quand on s'en va le soir : beaucoup de gens s'éclipsent sans dire "au-revoir" et ça paraît normal.

Une autre habitude que je trouve amusante est de dire "good night" le soir en partant du boulot, même si on quitte le travail vers... 16h00 ! Je ne sais pas vous mais moi je pensais que "good night" voulait dire "bonne nuit" et les gens disent ça même lorsqu'ils partent en avance (vers 15h00), comme s'ils allaient se coucher ! Un "good evening" me paraîtrait plus logique mais je l'entends rarement ici.

Ce qui est beaucoup plus courant que de dire "bonjour", c'est de demander aux gens comment ils vont, même aux gens que l'on ne connaît pas du tout. Quand j'entre dans un magasin, il m'arrive souvent qu'on me dise "how are you ?" en se passant complètement du "hello" préliminaire. Il existe de nombreuses variantes aux "how are you" : "how is it going ?", "how are you doing"... Parfois ils le disent tellement vite que j'ai du mal à être sûre que c'est bien ce qu'on me demande... La réponse classique à cette question est "pretty good, yourself ?" (également énoncé très rapidement). Moi je réponds plutôt un très court "good" ou "okay" et je ne pose toujours la question qu'aux gens que je connais : c'est vrai, disons-le franchement, je suis bien française et je n'en ai donc rien à faire de savoir comment va le caissier de Safeway !

vendredi 21 août 2009

Les émissions de télé-réalité sur les obèses

Depuis que je vis au Canada, j'ai la "chance" de pouvoir regarder les émissions de télé-réalité qui passent sur les chaînes américaines et canadiennes, dont un certain nombre est consacré à cet important phénomène de l'Amérique du Nord : l'obésité. Même si je ne suis pas particulièrement fan de ce genre d'émissions, le monsieur en raffole (sans doute parce qu'il se trouve justement à l'antipode des problèmes d'obésité), ce qui fait que je n'ai pas pu y échapper.

Certaines de ces émissions ont un succès fou, comme "The biggest losers". Cette émission met en scène des candidats qui se trouvent à un degré très élevé de l'obésité : les femmes pèsent au moins 100 kilos, les hommes pèsent entre 150 et 200 kilos. D'ailleurs, beaucoup d'entre eux arrivent en disant que s'ils veulent maigrir c'est tout simplement pour survivre, ce que l'on peut comprendre quand on les voit. Grâce à un régime draconien et des exercices physiques intensifs, on voit les participants obtenir des résultats phénoménaux. Chaque semaine, ils ont droit à la "cérémonie de la pesée" qui est le moment où ils découvrent combien de poids ils ont perdu. Pour gagner, il faut (comme vous l'aurez compris) perdre le plus de poids possible.

Une autre émission du même type est "The last 10 pounds boot camp", émission de télé-réalité canadienne. Le principe est de perdre du poids en un temps record grâce à un programme intensif. Les candidats sont moins gros que dans "The biggest losers" mais complexés par leurs kilos en trop qu'ils souhaitent perdre avant un événement important (mariage, etc). L'objectif de minceur à atteindre est basé sur un vêtement sexy que la candidate voudra porter à la fin du programme. Le vêtement étant trop petit pour elle quand elle arrive, le coach affirme à la candidate que dans quelques semaines elle pourra rentrer dedans. S'ensuit un entraînement intensif de type militaire (d'où le terme "boot camp") doublé d'un régime strict. A la fin du programme, en principe, la candidate arrive à rentrer dans le vêtement sexy.

Une nouvelle émission a débarqué ce mois-ci qui met également en scène des obèses. Il s'agit de "More to love" qui n'est ni plus ni moins qu'un Bachelor pour grosses. Vous vous rappelez du Bachelor, l'émission où un riche et beau gosse devait choisir la femme de sa vie parmi une vingtaine de jolies filles ? Ici, c'est le même principe sauf que les candidates sont censées être des spécimens qui n'auraient pas été sélectionnées pour un Bachelor classique en raison de leurs kilos en trop. Le Bachelor lui-même a un peu d'embonpoint et représente l'homme ordinaire (mais bon, pas trop mal quand même) qui recherche une femme ordinaire. Ordinaire en langage américain signifiant obèse, les candidates ont toutes ont la particularité de se lamenter sur leur poids et de se plaindre que c'est à cause de leurs kilos en trop qu'elles sont encore célibataires.

Dans le genre voyeurisme, c'est encore plus malsain que pour le Bachelor classique car, en plus de pleurer parce que le bachelor ne l'a pas sélectionnée, la candidate éliminée pleure sur son sort lamentable de fille grosse. On essaie réellement de nous inciter à la pitié et de rassurer les filles moins grosses qui regardent l'émission assises dans leur fauteuil. Sous prétexte de nous montrer que même une femme obèse peut trouver le prince charmant, on nous passe en réalité (encore et toujours) le message que le physique est essentiel en matière de séduction, voire en matière de bonheur. Alors qu'en réalité, depuis quand est-ce que seules les filles minces et jolies arrivent à être heureuses en amour ? La preuve en est cette candidate éliminée qui, fâchée d'être rejetée par le bachelor, disait à la caméra : "Je ne comprends pas pourquoi le bachelor ne m'a pas gardée. Il a gardé des filles qui sont plus grosses que moi !" Eh oui, ma pauvre, ton problème ne devait pas venir de là...